Contre la cloque du pêcher

Chien
Le chien qui rapporte sans trêve le bâton à l’Espinas (en fait ils sont deux).
Trenze
Au loin les rochers de Trenze.
Compost-des-Templiers
Contre-la-cloque
Vieljouvès, le jardin de Dominique.
Chevalier1Chevalier2
Londres-2
Londres-3
Croquis en vue d’un futur atelier xylographie à Londres.
Église Ispagnac
Pendant l’orage, dessiner à l’aveugle, dans l’opaque pénombre de l’église de Ispagnac.

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Vimbouches et autour

Vipérine
Couleuvre-vipérine dans l’eau qui file entre les jambes de Jacques à Saint-Hilaire-de-Lavit.
Âne-cadeau
L’âne Cadeau en balade avec nous de Saint-Etienne-vallée-française à Saint-Jean-du-Gard.
Assis-sur-le-sable
Assis-sur-le-sable-2
Assis sur le sable à la baignade.
Grimpeurs-Miallet-2
Grimpeurs-Miallet
Grimpeur, Mialet.
Iris-profil
Iris ne bouge pas pour que je la dessine, mais bouge quand même.
Trou-passerelle-2
Le trou d’eau après la passerelle avant les Espérelles.
Vimbouches
Les maisons de Vimbouches sur la crête.
Lierre

Lierre mort sur châtaignier mort dans le sous-bois.

Ariège-Montagne noire-Cévennes

Aljaferia
L’empreinte arabo-musulmane à Saragosse au palais de l’Aljaferia. Patio, colonnades qui ouvrent sur une cour intérieure, claires-voies des motifs en arabesque.
Niaux-pinceau
Niaux-flèche
Dessiner « à l’aveugle » dans les ténèbres du Salon noir. Grotte de Niaux, Ariège.
Robillard-Montolieu
Exposition Les croqueurs d’étoiles, Musée Cérès Franco, Montolieu. Robillard dessine sur ses assemblages.
Robillard-Montolieu-Heineken
Vaste installation de Robillard. Sorte de showroom playmobil foutrac fait de savants assemblages et de récupération.
Alain-Kieffer
La petite-fille (?) de Cérès Franco sur la vidéo documentaire et une sculpture de Alain Kieffer.
Carlos Boix 1949
Fins tracés à l’encre noire de Carlos Boix.
Claude-Boujon-Montolieu
Claude Boujon, Montolieu.
Ulysse-chiffres
Ulysse: page d’écriture pendant l’exposition Cérès Franco sur la Lune.

Des fontaines, des nuages, du vent et des fêtes

Fontaine
22 mai 2019, Portugal | La petite fontaine d’eau fraîche au bord de la route. Soleil.
Iris margelle
Iris, sur la margelle penchée.
Iris fleur
Même fontaine, autre iris.
Télévision
23 mai, Zamora | Ras-le-bol de la Semana Santa. A présent, ici, après les processions andalouses, ce sont les reportages photos ou les quatre-par-trois qui font la promo d’un musée des douleurs. Envie d’autres choses que de souvenirs martiaux, châteaux, intimidations, aspirations hégémoniques, églises et efforts de persuasion. Aller avec les gens, boire un café et dessiner le débat politique à la télévision espagnole.
Barbe en politique
Barbe sans cravate vs léopard.
Indépendantiste-sapin-de-Noël
L’indépendantiste, ou la version revisitée du sapin de Noël.
Podemos
Brandi sur la poitrine placide et musculeuse d’un député. Podemos?
Vierge nuages
23 mai | Nuages en route. Nous croisons au large de Valladolid par l’A-11.
Lac
24 mai, Embalse de la Cuerda del Pozo | Aux sources du Río Duero, qui devient Douro, et file jusqu’à Porto.
Ermita de N. S. Dela Serna
24 mai, Ermita de N. S. dela Serna | Abandonné et vide, les décors érodés, au bord de la N-234 avant Torrelapaja.
Goya Guerra
Goya danseur
25 mai, Fuendetodos | Village natal de Goya. Estampes, sortes d’instantanés saisissants et terribles.
Nueva Alaska
Fuendetodos, le même jour c’est la fête du village; on se retrouve, sans gêne, à boire un coup dans la salle des fêtes. Après-midi cabaret: tour du monde kitsch de la chanson hispanique en costume et devant d’immenses images vidéo-projetées. Rouge andalouse aux airs de Carmen; mexicain et sombrero, froufrous tropicaux genre Hawaï à donner le tournis.
Canyon avant Saragosse
25 mai 19, entre Fuendetodos et Jaulín | Paysage de canyon calcaire aride, soufflé par le vent, qui ondule sur les flans des vertes cultures de céréales.

{-}
À quoi bon défier les morts, les eaux, les pains, les enfants à naître […]? Quand la colère déborde et sort de son lit, la langue n’a plus de rives.
Don Quichotte [de passage à Zamora], Cervantes, seconde partie, chapitre XXVII

la petite maison au bord de l’eau

Tomar-cloître
Tomar, Covento de Christo de l’ordre des Templiers, 13 mai 2019. L’influence de Serlio dans l’étagement des plans successifs et des perspectives de la galerie du premier étage en loggia d’un des quatre cloitres juxtaposés.
Douro
Peso da Régua, 14 mai 2019. Le Douro, large et puissant, dans ce paysage verdoyant. Cette « famille d’artistes » intrigue et amuse un passant. D’origine angolaise, il est professeur d’arts visuels ici et me conseille des auteurs portugais.
Halte-au-bord-de-la-route
Repas à l’ombre, en contrebas de la route N201, près du Rio Mau, un peu au nord de Braga.
Anatole-collier-ambre
Iris-profil
Iris
J_____ par A______
Tout un chassé-croisé dessiné sur les nappes ou les carnets.
La maison
Pedro, Esther et Zare, Naïm, Sahel nous accueillent chez eux, à Caminha, sur la rive sud du Rio Minho qui marque la frontière avec l’Espagne. Lumineuse petite maison auto-construite qui ouvre sur un verger avec source, grenouilles et rivière.
Cheminées
Les cheminées-champignons, totems dressés sur le toit parmi les herbes folles.
J_____ par Zare
Zare, un fameux dessinateur de neuf ans aux univers mécaniques complexes, dessine un barbu (moi?).
Pedro&Esther
Pedro a grandi à Dunkerque avant de revenir au Portugal. Esther a grandi aux Canaris. Après huit ans au bord de l’eau, ils ajoutent une nouvelle page à l’histoire, pas très loin, sous les eucalyptus et les acacias: une potager-forêt-verger, lieu de vie collectif en auto-construction sobre et autonome.
Jean-Baptiste?
Va-Na-de-Cerveira, l’église, 18 mai 2019. Une dame me propose d’agrémenter d’un tampon ce géant à la tête immense. J’accepte avec empressement; et à la fin on tamponne tout le monde.

Du crachin à Alfama


Zambujeiro, l’ombre des chênes-lièges près du dolmen.
OrangesEn route vers Lisbonne, 6 mai 2019. Un gars bricolant son moteur devant sa maison remplît mon sac et le panier d’oranges et de citrons. La dizaine d’expressions portugaises que je maîtrise ne permet pas un échange très fluide, mais, non, non, c’est cadeau!
Livre-Pires-Vieria
Livre-Balesteros-Vaz-2
Livre Balesteros&vaz
Lisbonne, 8 mai. Livro ou anti-livro, exposition au Musée national d’art contemporain de livres concrets, matériels. Parfois on peut feuilleter. Carnets cloués, lourds livres en caoutchouc, découpage-feuilletage à l’infini… Marco Balesteros & Sara Vaz; Pires Vieira; Lizá Défossez Ramalho; Bráulio Amado…
Marionnettes-0
Marionnettes-2
Marionnettes-1
Museu da Marioneta, 8 mai, Lisbonne.
Ulysse-planète-sauvage-1
Ulysse-planète-sauvage-2
Ulysse, parfois d’une attention déconcertante, regarde une vidéo de Carlos Bunga qui reconstruit au scotch une ampoule à partir de débris, dans la pose planète sauvage. MAAT de Lisbonne.
Pêcheur
Le pêcheur, la sèche et le parapluie, le 9 mai au bord du Rio Tejo, Lisbonne.
Pont-du-25-avril
À la fois Rio de Janeiro et San Francisco: rive du Rio Tejo depuis les toits du MAAT.
Portrait aux pikachus
Autoportrait à Tomar
Autoportrait, aussi…
Tomar, 12 mai 2019. Ma tête, encore barbue, jusqu’à la prochaine prise électrique… A_a_o_e, un peu plus tard, avec une nuée héroïque de Pikachus.

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Ce qui n’est pas dessiné:
_ les rues entrelacées de Alfama, berceau montueux du fado et lardé d’escaliers, à Lisbonne;
_ ce petit crachin inattendu mais qui finit quand même par te mouiller;
_ la surprise des petits-four et le vin, du festival de la marionnette à la tombée de la nuit parmi les arbres et les paons du Castelo São Jorge;
_ l’immense domino monolithe de la salle souterraine et hexagonale du dolmen de Zambujeiro;
_ l’expression navrée et néanmoins sympathique du gars qui me disait de cueillir toutes les oranges que je voulais et que je ne comprenais pas…

Rock, cromlech et maniérisme

Cigognes
28 avril, Mourão, Portugal. cigognes sur les cheminées.
Volute-Evora
29 avril 2019, Évora. L’ocre des décors sur les façades blanches.
Graça-Evora-1
Évora, Praça de Giraldo. Entre Michel-Ange et Pierre Huyghe: l’étrange hybride anonyme en marbre inachevé tombé devant l’eglise.
Graça-Evora-2
Graça-Evora-4
Graça-Evora-3
30 avril, Évora, fronton XVIe de l’Igreja da Graça. Inconvenants et hilares, quatre singes-atlantes toisent les passants, assis les guiboles pendantes de chaque côté du fronton.
Casas-pintadas
Évora, Casas Pintadas, fresques (1520). Animaux fantastiques illustrant dans une perspective encore médiévale les vertus et vices humains. Musée d’art contemporain, exposition autour du dessin.
Almendres
Menhir des Almendres, 1er mai. Dressé seul parmi les « prés-bois » de chêne-liège.
Cromlech
Cromlech des Almendres. Calendrier solaire vieux de sept mille ans qui dessine avec 95 pierres (re)dressées deux cercles et une ellipse. Identifié dans les années 1960, il est plus ancien que Stonehenge.
Revolver
Achat en plastique, objet de désir longtemps empêché. Foire du 1er mai à Évora.
Capela-dos-ossosCapela dos Ossos, Évora, 3 mai 2019. Un précédent baroque à l’exemple parisien du déménagement des cimetières dans les « catacombes ». Murs de tibias et frises de crânes. « Têtes (…) beaucoup d’entre elles furent respectées dans le monde à cause de leurs talents et d’autres vains ornements qui servirent la vanité (…) »







Evora, Soir Joaquim António d’Aguiar, 4 mai, capotefest2019. Face plus underground de cette ville universitaire dans la pénombre zébrée des stroboscopes. Une autre manière d’être ensemble, par la cage thoracique qui vibre. Môrus, duo lisboeta: boucles de guitare et réverbération, percussions et chants aux lointaines consonances flamenco. Chemise moirée et belle gueule de Christ du guitariste.
À deux heures bien tapées, le rock féministe des Anarchicks, « referência máxima do rock no femino –Anarchicks! » Minijupes, bijoux scintillants, hurlantes et sautant partout.

14,4 kilomètres

Jambon
Dimanche 21 avril 2019, Trevélez, Alpujarra (Sierra Nevada). Une valise en carton pour le transport du jambon.
Benalmadena-1Benalmadena-4
Mardi 23 avril, Benalmádena. L’immense silhouette dorée du stūpa se détache sur l’horizon.
Taureau-Picasso
Mardi 23 avril, Marbella, MGEC (musée espagnol de la gravure contemporaine).
Picasso
Picasso, La Tauromaquia o arte de torear, 1959. Estampe.
String
Oublié sur le sable de Guadalmina, 24 avril.
Gibraltar
Face au rocher britannique de Gibraltar, 24 avril.
Tarifa
Tarifa, 25 avril, petit matin pluvieux. Très visible hier au soleil couchant: la côte marocaine à 14,4 km, soit la distance entre la Suisse et la France au plus large du Léman.
Sommeil
Vingt-six avril, pendant le sommeil, un moment immobile.
Bodega
Espartinas, à treize kilomètres de Séville, 25 avril. Le lourd globe d’une amphore assoupie à l’ombre des citronniers dans la bodega qui jouxte le couvent.
Loreto-grille
Covento de Nuestra Señora de Loreto, 26 avril. Cette grille qui fait irrémédiablement penser à Jacques Rivette, à Diderot et aux cris déchirants de Anna Karina. Sur le chant du mur, la lumière intense et indirecte de la peinture ocre.
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Nuestra Señora de Loreto, carreaux de céramique émaillés aux motifs zoomorphiques. Azuléjos, majolique ou bleu de Delft, c’est à voir…
Email-2
Étrange cervidés bicéphale en azuléjo. Nuestra Señora de Loreto.

Domino

Espartinas, 26 avril 2019. Les éternels squelettes en béton, partout les mêmes, qui semblent témoigner de l’effet de la crise des subprimes sur l’urbanisme espagnol.

Moros y Cristianos

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Bocairent, 14 avril 2019, Cavetes els Moros, X-XIe siècle. Cellules creusées en rhizome dans la falaise calcaire; anfractuosités témoignant du passé arabe de la ville. Pour passer d’un étage à l’autre, il faut se hisser et ramper d’une cellule à la suivante. A_____e me donne la réplique pour montrer l’extérieur.
Jesus à El Pinos
El Pinos, 14 avril, dimanche des Rameaux. Armoires à glace, femmes élégantes courtes vêtues, retraités, enfants en poussettes, tout le monde est venu voir et entendre Jesus qui traverse le village sur son âne.
Taureau-AlicanteAlicante
Dimanche 14 avril, arrivée sur Alicante.

Torreviejas, lundi 15 avril. Montagne de sel blanc sur lagune rose. C’est très surprenant et cent pour-cent naturel: une bactérie a pris ses quartiers dans cette eau de parc naturel.
Sierra-de-Baza
Parque natural de Sierra de Baza, 16 avril. Faïences bleues, reflets des arbres dans le miroir d’eau; ce sera « mon Alhambra » faute de pouvoir visiter l’autre.
Outrepassée
Cartuja-pavement
Cartuja-miroirs
Monastère de la Cartuja, Grenade, 18 avril. Impossible de dessiner en deux secondes l’emboîtement vertigineux des espaces baroques; les jeux de transparence, claire-voie, reflets et illusions; l’amalgame complexe du détail fractal avec une pensée géométrique et rationnelle de la perspective.
La Cartuja-chantilly
Monastère chartreux dela Cartuja. La crème fouettée blanche, souple et ondulante des stucs baroques qui encadrent les oculus.
Pénitents en biscuit
Grenade, Mercado San Angustín, 18 avril. On est pas venu pour ça, mais ces jours-ci, à Grenade, difficile d’y échapper. Les processions de La Semana Santa –avec pénitents en bonnets pointus, pesante musique funèbre et statues crispées dans la douleur– sont omniprésentes. Quand les brancards et les dais ne sont pas en goguette, ils sont garés dans les dizaines d’églises ruisselantes d’or pour l’adoration des touristes ou des fidèles.
Portrait
Mercado San Augustín, 18 avril, Grenade. Pour échapper à la pluie battante, ruée gastronomique sur une pâtisserie des halles. Laborieux exercices de portraits « mobiles » dont la diformité est d’autant plus crillante que le modèle est connu…


Inquisition, Palacio de los Olvidados, 19 avril. Sans doute pour compléter la compréhension historique du phénomène religieux à Grenade, une exposition d’instruments de tortures [sic] prend place dans cette demeure du XVIe siècle. Raffinements horribles dans les moyens d’affliger la souffrance et la mort. Nausée. Vertigineux effets de miroir, quand les tortures infligées par les inquisiteurs ne sont pas pires que les blessures subies par les martyrs chrétiens adorés.
Graffitis-Granada
Mais Grenade c’est aussi un vaste campus universitaire moderniste dont les temples de béton sont déserté ces jours-derniers; une ville punk aux murs couverts des slogans féministes, transgenres, anarchistes; des joggeurs au petit matin trottinants dans les rues vides; d’immenses supermarchés lumineux étalants les mêmes chaussures de sports qu’ailleurs, à l’infini.
Cadavre-exquis-1Cadavre-exquis-3Cadavre-exquis-2
Las Meninas, vendredi 19 avril, Grenade. Petit bar réconfortant où nous nous livrons à l’art du cadavre exquis autour de quelques tapas non moins délicieux.

Damiers, processions, balafres et papier

Tout ce que je ne dessine pas: les tapas dans un troquet de Barcelone, la discussion en français sur les indépendantistes catalan dans un musée d’ethnologie, Jesus ivre qui tangue la nuit sur son baldaquin, les rotondes immenses des glacières creusées dans le roc, l’essor européen du papier chinois depuis Xàtiba l’arabe. Ce matin au bord de la lagune, deux écureuils cabriolent, tandis qu’une grand-mère bruyante tente de les attirer avec une poignée de grains.
Gaudì-Güel
Barcelone, Parc Güell, 6 avril 2019. Les palmiers rocailles et composites de Gaudí canalisent les touristes.
Barcelone
À l’horizon, le parc d’attractions du Tibidabo.
Drapeau catalan
Depuis que nous sommes en Catalogne: rubans jaunes, drapeaux aux balcons et slogans sur les murs en faveur des « prisonniers politiques ».
Barcelone damiers
Sur la veste de la police, au sol sur les pavés, dans l’urbanisme orthogonal des rues: Barcelone aime le motif en damier.
Lina Bo Bardi
Sept avril 2019. Les petits dessins à la plume fine ou au Rotring de Lino Bo Bardi (fondation Miró). Le dragon cracheur d’éclairs pour une parade de géants de Domenec Umbert (musée d’ethnologie).
Subirachs-Sagrada Familia
Huit avril, sculptures expressionistes et cubisantes de Subirachs. Sagrada Família: bain de foule, tour de Babel et aéroport. Mausolée à la gloire de Gaudí qui y est enterré et aussi, oui, une belle forêt.

Barcelone, 9 avril, exposition August Sander à la Virreina. Portrait-kaléidoscope de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres. Le visage « tatoué » de la peintre Marta Hegemann en 1925.
August Sander-Étudiant
Le visage balafré de ce membre d’une Fraternité étudiante. August Sander, 1925.
August Sander-Soldat
Un soldat de la Wehrmacht rasé de près, le regard pur. August Sander, 1940.
August Sander-Nazi
Le mépris sans ciller d’un capitaine SS. August Sander, 1937.
Xàtiva-arènes
Les arènes de Xàtiva, 12 avril.
Xàtiva-château-prison
Xàtiva (prononcer Chatiba), 12 avril 2019. Les traces de l’occupation arabe dans ce château aux multiples aljubs (citernes) grottes, glacière et à l’immense muraille étirée sur la falaise.

Des phallus d’Empúries au sable fin de Palafrugell

Empùries statueEmpùries coqEmpùries vase grec
Lundi 1er avril 2019, Ruines d’Empúries. Immense labyrinthe à ciel ouvert, Empúries juxtapose les restes de deux villes antiques. Proche de la côte, le port grec fondé par les mêmes phocéens qu’à Marseille (du sixième siècle avant Jésus-Christ au second après). Plus haut, mais contiguë, la ville romaine avec son plan en damier.
Empùries mosaïque dauphin
Empúries, mosaïque grecque et romaines.
Empùries phallus
Le catalan n’est pas si loin du français. Vasos de forma fálica decorados con relieves eróticas procedentes de una tomba (IIe siècle avant-Ier après J.-C.)
Empùries tête
Empúries. Pupilles noires et stoïques, indifférentes, qui regardent derrière moi, à travers.
Empùries phallus porte
Empúries, porte d’entrée sous l’imposant rempart de pierre calcaire et de béton romain banché. Le phallus en bas-relief sculpté à droite est un symbole de prospérité destiné à protéger la ville.
Phare de Sant Sebastià
Phare de Sant Sebastià, 2 avril. Il pleut.
Sant sebastia
2 avril 2019. Une auréole immense suspendue, menaçante comme une épée de Damocles, au-dessus d’un visage à la pâleur cadavérique: une invitation baroque à la piété.
Village ibérique
Agulla de Castell, 3 avril 2019. Les vestiges (-600 av. J.-C./Ier après) d’un petit village ibèric entouré de falaises qui surplombent la mer. De grands trous ovales s’ouvrent au niveau du sol: des citernes maçonnées et enduites à la chaux, comme celles que nous vîmes à Empúries.
Cap Roig, passage secret
Cap Roig, 4 avril. Le soleil décline sur l’étroit passage qui relie deux petites plages. Vies de Robinsons à tailler des bouts de bois, escalader les chaos et épier les araignées de mer.
Cap Roig plage
Cap Roig, 5 avril. Le soleil, la mer avant le café du matin.
Ouvrier du Cap Roig

Parking du Jardin botanique de Cap Roig, 5 avril. Départ forcé de notre bivouac de rêve: un ouvrier veut faire un tas de gravats, précisément là!

Cadaquès, méduses, anémones

Yohan
Dimanche 24 mars 2019, Serrabonne. Yohan, punk-paysan, stakhanoviste quand même très organisé.
La dent arrachée
25 mars, Iris, en nattes coiffée, pleure la dent arrachée, blottie contre sa maman.
Aubiry, ancienne usine Job
25 mars, Chateau d’Aubiry. Les immenses entrepôts de l’ancienne usine Job, inventeur au début du siècle (?) du papier à cigarette. À côté du château immense et à vendre, où l’art nouveau le disputte à l’éclectisme d’un Louis II de Bavière catalan.
Entre la plage de Taillelauque et le cap de Rederis
27 mars 2019, après la plage de Taillelauque, avant la pointe de Rederis.
Écueil à Taillelauque
27 mars, écueil après Banyuls. Dire, avec les pauvres moyens du dessin, tout le chatoiement, le mouvement du monde. Peine perdue. Mais le dessin ne se donne pas pour la vérité, cela reste « autre chose », une perche tendue, une flèche, une trace.
Orion au dessus de Cadaquès
27 mars, Orion au dessus de Cadaquès.
Anémones de Punta de Soliguera
28 mars, Punta de Soliguera. On peut les toucher, dans l’eau, juste là: anémones à Cadaquès.
Portlligat
29 mars, Port Lligat. Village de pêcheurs, crique turquoise, maison Dali-Gala.
Cap de Creus
29 mars, Cap de Creus. La mer, le profil déchiqueté de la côte très minérale, lunaire.
Cap de Creus- vers les Pyrénées
Cap de Creus, là où Louis Bunūel filma pour L’Âge d’or les cadavres emmitrés des évêques parmi les rochers.
Cap de Creus- au large
Cap de Creus, la mer, l’extrême pointe Est de l’Espagne, les Pyrénées.
Méduses S’AranellaMéduses-Platja-de-S’Aranella
30 mars, Platja de s’Aranella. Méduses: pulsations, systoles, Loïe Fuller.

de Els Gorgs à Duchamp et chou kale

Els Gorgs, la montagne
Els Gorgs
Samedi 16 mars, Els Gorgs, Pyrénées catalanes dans le parc naturel de la Zona Volcanicà de la Garrotxa. Ancienne carrière, cimenterie illégale et, depuis quinze ans, lieu collectif sous les chênes verts avec ateliers menuiserie, méca, tour, forge, vitrail, potager.
Atelier mécanique à Els Gorgs
Samedi 16 mars, Els Gorgs, atelier mécanique. Je remplace, couché dans la poussière, la biellette et la rotule de direction. La nuit venue, migraine et paracétamol, mais incroyables pizzas dans le four en terre.
Sculpture fendue
Lundi 18 mars, Els Gorgs. Une sculpture fendue avec un maillot de bain.
Se masser le dos
Lundi 18 mars, Els Gorgs. Ce que je considère, tout d’abord, comme pour un casse-tête serait plutôt un instrument de massage, à caler entre les omoplates, sculpté dans une branche courbe par Henke.
La Cordée Braque-Picasso
Demoiselles d’Avignon
Mardi 19 mars, Céret. 1911, Picasso et Braque cubistes ont habité en cordée cette immense demeure. Ils ont visité, à côté, Saint-Martin-de-Fenollar. Comment ne pas reconnaître les Picasso « nègres » dans ce Christ scarifié du XIIe siècle?
Lavoirs d’Amélie
Amélie-les-Bains, 20 mars 2019. Dans le lavoir public, vaste édifice moderne en béton servant aux bains des punks, hippies et pieds curieux des curistes égarés, la cataracte brûlante résonne et fume.
Étant donné (plâtre, fort Vauban)
20 mars 2019, Fort Vauban sur les hauteurs de Amélie. Deux jambes de plâtre dans la paille émergent d’une caisse défoncée. À côté, sur un socle de marbre, s’agrippent deux pieds brisés. Dans ce bastion d’un fort abandonné les suppliciés de Michel-Ange rencontrent les exhibitions de Duchamp.

Samedi 23 mars, de retour chez Lara et Yohan à Serrabonne, dans la montagne, dans les jardins, avec les chèvres. Excellente fleur du choux kale monté en graines.

Les tiques et les biellettes jouent contre nous

La répugnante tique qu’Iris avait dans les cheveux est morte dans son bocal. Nous allons chez le le médecin à Céret.
Salses, le fort
Les hasards du voyage nous ramènent à Salses, plutôt qu’à Rivesaltes. Dessiner le fort espagnol construit sur ce qui était au XVe siècle la frontière avec la France. Vaste quadrilatère avec, à chaque angle, une massive tour ronde d’artillerie.
Magnus
Magnus, Rebecca et leur petite fille Frejya, nous invitent à partager un petit déjeuner norvégien sur les hauteurs de Céret dans l’immense villa blanche avec piscine et vue sur la mer dont ils sont les gardiens et habitants pour six mois. Il était acteur et coach en Norvège. Elle photographie des paysage de forêts qu’elle a exposés en Arles l’été dernier. Ils voyagent en s’occupant de maisons à Los-Angeles, au Costa-Rica, au Canada ou en Irlande et désirent s’installer à Madère.
Arles-sur-Tech
Derrière la grille: l’enclos de verdure du cloître dans le dédale très minéral des rues de Arles-sur-Tech.

Vierge en habits noirs, figure de cire et visage défait.
Amelie-les-BainsLe plaisir rituel du bain brûlant dans les vastes vasques du lavoir en béton d’Amélie.
Stigmates du Christ à Ceret
Je cherche un Christ, je cherche une plaie pour dire l’arcade ouverte de Ulysse, la plaie qui saigne et les points de suture.

Saint-Martin-de-Fenollar, à côté du Boulou, très petite chapelle dont l’abside en berceau plein-cintre est ornée de fresques du XIIe siècle.

Perpignan, Rivesaltes, Collioure…

Bocal du Tech
5 mars 2019, Mas Larrieu. Petite plage de sable fin, île déserte du bout du monde où les enfants construisent des cabanes de bois flotté. Deux pêcheurs. Le soleil. Le vent.
Dessiner, c’est dessiner quelque chose. Comment dessiner, cerner, contourner, enfermer dans une figure cet horizon qui s’évapore là-bas loin dans le ciel, le soleil froid qui déjà m’éblouit derrière des tulles dans la brume? Se raccrocher aux branches de ces cinq arbres en palabre sur le sable.
Maillol-Perpignan
6 mars 2019, Perpignan. Cathédrale, les doigts arrachés sur la main en marbre du gisant de Louis Hab. de Montmor.
La Méditerranée de Maillol dans le patio de l’hôtel de ville.

Dans le patio de l’hôtel de ville deux enfants japonnais et leurs parents se joignent à nous pour dessiner la Méditerrannée de Maillol.

6 mars, Perpignan, Serena, château des rois de majorque. Les formes pleines de ce bronze de Jose Bonhomme entrent en résonance avec l’omniprésence de Maillol, ici en pays catalan (il avait sont atelier à Banyuls).

8 mars 2019, Tautavel. Les rotules axiales à changer nous contraignent à prolonger notre séjour dans les Pyrénées-Orientales. Trouver la bonne pièce est toute une histoire…

8 mars 2019, Tautavel. Le crâne d’un ours de Déninger découvert dans la Caune de l’Arago.

Arago 21, l’homme de Tautavel, 450000 ans avant notre ère, découvert le 22 juillet 1971. Le crâne éclaté semble indiquer que ses congénères lui ont manger la cervelle.

9 mars 2019, Camp d’internement des Indésirables, Rivesaltes . Les vestiges ruinés des baraquements sur le site actuel du mémorial. Ici entre 1938 et 2007 ont successivement été internés les troupes indigènes de l’armée française venues combattre l’armée nazi; les soldats espagnols défaits fuyant l’avancée franquiste (la Retirada) les Indésirables considérés par la France comme ennemis intérieurs, agents de l’anti-France selon les mots de Pétain; des juifs ensuite envoyés en camp d’extermination; des Harkis après la Guerre d’Algérie; et, jusqu’en 2007, les personnes reconduites à la Frontière. Ironie de l’histoire Manuel Vals l’a inauguré.

10 mars 2019, Fort carré, Collioure. Superbe petit fort carré entouré de fossés sec, escarpe et contre-escarpe percée de meurtrières et étranges meurtrières d’angle « sur trompe ».

Échappée par le train et retour

23 février, chez Hémeline, à Cases-de-Pène, deux ânesses broutent sous les oliviers.

24 février, Cases-de-Pène, petit arrangement avec le calendrier et clin d’oeil aussi aux magnifiques gravures sur bois de Franz Bücher vues à Vevey. Je m’occupe en woofer à transporter à la brouette du fumier de cheval pour transformer cette terre arride en futur oasis-potager.

25 février, Cases-de-Pène.

Le copain d’Ulysse rencontré ici, à Cases-de-Pène.26 février, dans le train entre Rivesaltes et Le Valdahon.

Quelques dessins rapides des monuments aperçus par la fenêtre. Pylones des lignes à haute-tension; cathédrale; usine Lafarge…Ma grand-mère est morte, je remonte par le train dans le Doubs.26 février 2019, TGV.

Dormir sans peur, abandonnée à 292 km/h. Les dormeurs aussi bougent incessamment. La tête tombe et revient en rythme. 27 février 2019.

Ma grand-mère est morte. Jai un peu honte de prendre mon carnet pour dessiner. Honte, peur de quoi? Que ce visage inanimé, figé ne me surprenne? L’étrange, la stupéfiante immobilité de la mort qu’on ne peut comprendre. Repenser à ce visage endormi qui, hier, dans le train, ne cessait de tomber…

Rose, elle est belle dans un vêtement noir chatoyant à fleurs rouges que je ne lui ai jamais vu. Un grain de beauté sur la joue que je n’avais jamais remarqué.

1er mars 2019. Rivesaltes, le maréchal Joffre.

Sur le piedestale, une citation qui donne à réfléchir: « une troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que reculer. Dans les circonstances actuelles aucune défaillance ne peut être tolérée. » 5 septembre 1914.

Les campagnes militaires qu’il mena prouvent par ailleurs qu’il est aisément passé de la conquête coloniale (Tonkin, Formose, Soudan, Tombouctou, Madagascar…) à la lutte acharnée pour la sauvegarde de la Patrie. 2 mars 2019. Salses-le-Château.

Forteresse espagnole du xve siècle. Sorte de maillon manquant entre le château-fort médiéval avec ses quatre tours d’angle rondes et massives et les forteresses bastionnées que Vauban construisit sous Louis XIV aux frontières du royaume. Une forteresse tout entière adaptée aux progrès de l’artillerie avec ses murs arrondis, sans angles supérieurs, ses cheminées verticales d’évacuation des fumées de canons, les puits verticaux au centre des tours pour l’eau nécessaire au refroidissement des canons.

Donjon

Une énigme, des petits points lumineux dans le ciel, des empreintes dans la neige

# L’idée: la publication hebdomadaire de sept dessins au vol pour sept jours de voyage. Sorte de bulletin au grés des zones blanches.

N’importe quelle belle photo iPhone de n’importe quel paysage sera toujours d’une banalité de photothèque. Du fantastique de calendrier. Du sublime de fond d’écran.

Raison suffisante.

# Nous voyageons. Je voyage. Dire pourquoi? Depuis quand? Jusqu’à quand et où? Expliquer le projet? Démontrer, justifier, vendre, défendre?

Un voyage vers l’inconnu. Pourquoi? Nul ne le sais. Un fil tracé, des empreintes déposées comme autant de dessins consignés dans ces petits carnets. Sept dessins; une énigme; quelques petits points scintillants déposés sur l’immensité de la nuit; des empreintes dans la neige.

# La contrainte féconde. Sept par semaine; pas nécessairement un par jour.

Pas seulement dessiner ce que j’aime ou ce que je sais, mais dessiner pour raconter; en tout cas ne pas se satisfaire de l’alibi, de l’excuse d’un « sujet » sans intérêt. Prendre autant de soin à dessiner une salade de choux qu’une abbatiale romane. Pas facile.

En tout cas trouver coûte que coûte le sujet… il y en a toujours, il faut s’y pencher.

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Canyon d’Ille
Samedi 16 février. Ille-surTêt.
Les «canyons» étroits profondément entaillés dans le terrain raviné.
Orgue d’Ille
Dimanche 17 février. Ille-sur-Têt. Le soleil dans les yeux, pile en face.
Les profondes gorges labyrinthiques entaillées dans le sable et les galets de la couche sédimentaire. Chant printanier des oiseaux, randonneurs en goguette.
Autoportrait 19 février. Ma tête dans le miroir, médiathèque d’Ille-sur-Têt. Une barbe de plus en plus fournie, des cheveux à l’image des broussailles piquantes et poussiéreuses d’ici: genêts, chênes verts, ajoncs, bruyère, ciste cotonneux.
Chèvres
20 février. Ferme de Serrabone.
les belles chèvres noires à barbichette et cornes.

20 février 2019. Les chèvres mettent bas ces jours de lune pleine. Beaucoup de chevreaux jumeaux, une portée de trois aussi. Les enfants cherchent des noms de baptême en P: Panda, Paprika, Paradis…
Queribus 20 février, Quéribus, soleil couchant. Ulysse ne reconnaît pas tant que l’antenne (sans doute la hampe d’un oriflamme) n’est pas tracée. Iris a l’explication: mes yeux sont plus vieux, ils ont déjà beaucoup travaillé et ne la voyaient pas.
Peyrepertuse21 février. Peyrepertuse, château cathare sur un éperon puis place forte royale.
San Jordi
21 février. Peyrepertuse, château cathare sur un éperon puis place forte royale. Le second donjon construit lors de la refortification royale.

Serrabona

Hier, visite du splendide prieuré de Serrabone dans les montagnes au dessus de Bouleternère, dans les Pyrénées-Orientales. Les monstres siamois (une seule gueule pour deux corps) des chapiteaux romans en marbre rose de Conflent sont pile à hauteur de regard !Serrabona, cloître

Chapiteau du cloître, à l’extérieur avant l’église

Serrabona, le cloître

Chapiteau du cloître, avant d’entrer dans l’église

Serrabona, portail, à droite

Portail extérieur, le chapiteau de droite

Maillol, Céret & mimosa

Quelques pages du carnet qu’Iris aime à m’emprunter lorsqu’elle n’a pas le sien sous la main.

À Céret –entre Méditerranée, Canigou et Espagne– pour le monument aux morts de la guerre 1914-1918, Aristide Maillol a sculpté cette belle « catalane robuste et simple ». Étrange Penseur qui garde le souvenir absorbé de Rodin et évoque la République massive et généreuse de Daumier avec, cependant, une sensualité déconcertante quand on songe aux traditionnelles statues de poilus héroïques entre quatre obus.

Maillol à CeretAristide MaillolIris