Oujevipo : les dessins

Quelques pages du carnet vert, rose, jaune et bleu remplies lors du travail sur les affiches pour l’expo Oujevippo de Chevilly-Larue.

 

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L’Oujevipo à Chevilly-Larue

Série de dix « affiches » réalisées pour la présentation chevillaise de l’exposition OUJEVIPO à l’invitation de Xavier Girard qui a opéré une sélection de 10 parmi les 2000 jeux vidéo chroniqués par Pierre Corbinais sur Oujevipo.fr.

Il ne s’agit pas de gravure au sens propre. D’estampes, peut-être…
Le processus d’impression fait bien appel à un presse taille douce. Les différentes matrices permettent bien de faire des images multiples.
Mais la plupart des matrices sont réalisées par découpage dans des feuille de PVC récupérées dans la rue devant des boutiques : il s’agit de publicités imprimées.
Le découpage se fait aux ciseaux et cutter, sur le modèle des pochoirs en une seule partie, sans contreforme (première hybridation, car plus que la tradition, c’est l’hybridation, le mélange et l’invention ou bricolage qui m’intéressent).

Au moment de l’encrage a lieu la seconde hybridation : contrairement à la logique de la gravure en taille d’épargne qui utiliserait plusieurs matrices pour plusieurs passages – une couleur par passage – j’encre directement ma matrice fine en PVC en différentes couleurs, au rouleau, mais à la façon d’un peintre qui bariolerait son support.
Puis l’impression est « traditionnelle », mis à part le fait que les matrices se recroquevillent un peu à la manière de feuilles à cigarettes et qu’il n’est pas toujours facile de les « discipliner ».
La troisième entorse concerne l’inscription des titres. Pas de matrice, ni en plomb, ni en bois ; mais un patient coloriage au bic et au feutre, par décalque, avec dévotion et sans retour.

bic-bear

Exposition à la Maison des arts plastiques à Chevilly-Larue, dans le Val de Marne du 18 mars au 8 avril 2017.

Enviro-Bear 2010

enviro-bear5 Premiers visuels d’une série de 10 affiches commandées pour l’exposition Oujevipo à Chevilly-la-Rue du 18 mars au 8 avril 2017. Petit montage Photoshop d’une image qui sera, à terme, imprimée à partir de matrices découpées passées sous presse…

Enviro-Bear : un jeu de Justin Smith avec un ours dans une voiture.
Un « jeu intéressant » chroniqué par Pierre Corbinais sur Oujevipo.fr.

Chevilly / images des affiches exposées

Il vit un homme sans passion, qui lui expliqua posément que la race humaine était maintenant condamnée, que l’Espace lui était fermé, que la seule liaison possible avec les moyens de survie passait par le Temps. Un trou dans le Temps, et peut-être y ferait-on passer des vivres, des médicaments, des sources d’énergie. Tel était le but des expériences: projeter dans le Temps des émissaires, appeler le passé et l’avenir au secours du présent.

Chris Marker, La Jetée, 1962

Parce qu’il faut produire, il faut par tous les moyens de l’activité possibles remplacer la nature partout où elle peut-être remplacée, il faut trouver à l’inertie humaine un champ majeur, il faut que l’ouvrier ait de quoi s’employer, il faut que des champs d’activité nouvelle soient créés, où ce sera le règne enfin de tous les faux produits fabriqués, de tous les ignobles ersatz synthétiques où la belle nature vraie n’a que faire, et doit céder une fois pour toutes et honteusement la place à tous les triomphaux produits de remplacement où le sperme de toutes les usines de fécondation artificielle fera merveille pour produire des armées et des cuirassés. Plus de fruits, plus d’arbres, plus de légumes, plus de plantes pharmaceutiques ou non et par conséquent plus d’aliments, mais des produits de synthèse à satiété, dans des vapeurs, dans des humeurs spéciales de l’atmosphère, sur des axes particuliers des atmosphères tirées de force et par synthèse aux résistances d’une nature qui de la guerre n’a jamais connu que la peur. Et vive la guerre, n’est-ce pas ?

Antonin Artaud, Pour en finir avec le jugement de Dieu, 1947