spectacle d’ombre à la belle étoile

La grande hélice

Un jour, quelque part, un homme était amoureux d’une femme très belle qui s’appelait Callisto.
L’homme était déjà marié… mais avec une autre femme avec laquelle il avait déjà des enfants. L’homme s’appelait Zeus, la femme Héra. Ils vivaient ensemble sur L’olympe.
C’est donc l’histoire d’un drame conjugal, une forme de Feydeau antique. Homme adultère, jalousie, mensonge et double-jeu : tout est là. Seuls les placards où cacher son amante changent et sont remplacés par des bosquets profonds, ombragés et odorants.

Un jour, nécessairement, le ventre de Callisto s’arrondit (j’ai oublié de vous dire que la femme très belle s’appelait Callisto). Un bébé naquit… et Zeus, malgré d’intenses efforts, ne pu cacher qu’il était le père. Héra, jalouse et humiliée, pour se venger de cette femme plus belle qu’elle et afin de l’escamoter au regard concupiscent de son mari, transforma Callisto en ourse et son fils en petit ours.

Zeus se détourna de Callisto, ne s’occupa pas davantage de son fils illégitime. Tout rentrait donc dans l’ordre ; tout allait pour le mieux… d’un certain point de vue.

Mais, il advint qu’un jour des chasseurs (c’est souvent avec eux que commencent les problèmes) lâchèrent leur meute de chiens méchants sur la piste des deux ours. La grande ourse ralentie dans sa fuite par le petit ours qu’elle devait protéger des crocs acérés des molosses fut bientôt encerclée. Nul endroit où fuir ! Sa mort était certaine.

Zeus, alerté par un sombre pressentiment et, aussi il faut le dire, dérangé pendant la sieste, descendit de l’Olympe pour voir qui pouvait produire un tel tapage ! Pris de pitié pour Callisto, qu’autrefois il aima et dont il causa la chute, Zeus transforme la grande ourse et le petit ours en constellation afin de les soustraire aux crocs meurtriers. Ils y sont toujours.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Héra aurait pu s’affirmer satisfaite d’une telle fin, choisir l’apaisement et l’oubli. Mais sa jalousie ne fut que ravivée par cette amante portée aux nues.
Dans un accès ultime de hargne, elle alla voir Téthys, c’est-à-dire la mer, qui fut sa nourrisse et lui fit un affreux chantage affectif.
Elle exigea d’elle qu’elle condamne et repousse, humilie une dernière fois Callisto. C’est pour cette raison que, parmi toutes les constellations de l’hémisphère nord, depuis que la Terre tourne et à jamais, seules deux ne passent jamais sous la ligne d’horizon et par les flots marins jamais ne sont baignés.

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